Tout le monde cherche le créneau magique pour appeler ses prospects. Il existe des tendances, mais elles changent d'un métier à l'autre et d'une équipe à l'autre. Voici ce qu'on observe sur le terrain, jour par jour et heure par heure, puis une méthode simple pour trouver vos propres meilleurs créneaux.
Pourquoi il n'existe pas d'heure magique
On lit partout qu'il faut appeler le mardi à 10h ou le jeudi à 16h. Le problème, c'est que ces recommandations mélangent des cibles qui n'ont rien à voir entre elles. Un dirigeant de TPE, un directeur financier d'ETI et un chef de chantier n'ont pas les mêmes journées.
Il y a aussi un effet de foule. Si toutes les équipes commerciales appellent au même créneau parce qu'un article l'a recommandé, les prospects reçoivent plus d'appels à ce moment-là et filtrent davantage.
Le bon moment dépend donc de trois choses :
Le métier de votre prospect et le rythme de sa journée.
Le type de numéro que vous appelez. On décroche un mobile dans des situations où on laisse sonner un fixe de bureau.
Votre propre offre. Un sujet opérationnel se traite mieux en début de journée, un sujet de fond passe mieux quand le prospect a l'esprit disponible.
Ce qui suit, ce sont des repères de terrain. Prenez-les comme des hypothèses de départ, et gardez en tête qu'une seule chose tranche vraiment : vos propres chiffres.
Les jours de la semaine
Voici ce qu'on observe le plus souvent, en gardant la prudence de rigueur :
Lundi : le matin est souvent chargé, entre réunions d'équipe, mails du week-end et planification. L'après-midi redevient correct pour beaucoup de cibles.
Mardi, mercredi, jeudi : ce sont généralement les journées les plus régulières. Les agendas sont remplis, mais les gens sont à leur poste et joignables entre deux rendez-vous.
Vendredi : le matin fonctionne bien avec certaines cibles. L'après-midi, beaucoup de décideurs sont déjà partis, en déplacement ou en télétravail avec le téléphone de bureau qui sonne dans le vide.
Deux nuances importantes. D'abord, le mercredi peut se comporter différemment selon les cibles, notamment quand une partie des salariés travaille à temps partiel ce jour-là. Ensuite, le télétravail a déplacé les habitudes : un prospect joignable sur mobile le vendredi ne l'est pas forcément sur sa ligne fixe.
Pensez aussi au calendrier. Les semaines de ponts en mai, la deuxième quinzaine d'août et la période entre Noël et le jour de l'an sont souvent creuses en France. Ce n'est pas une raison pour arrêter d'appeler, mais pour ajuster vos attentes et vos objectifs sur ces périodes.
Les heures de la journée
Découpons une journée de bureau classique. Là encore, ce sont des tendances observées, pas des lois.
8h à 9h30 : souvent un bon créneau pour les dirigeants et les managers qui arrivent tôt, avant que les réunions ne s'enchaînent. Ils décrochent parfois eux-mêmes parce que l'assistante n'est pas encore là.
9h30 à 11h30 : la matinée est productive, mais c'est aussi le cœur des réunions. Les résultats varient beaucoup selon les cibles.
11h30 à 14h : la pause déjeuner est sacrée pour beaucoup de professionnels en France. Évitez 12h30 à 13h30, sauf pour des cibles qui déjeunent tard ou tôt.
14h à 16h : un créneau correct, parfois un peu mou juste après le déjeuner.
16h à 18h30 : la fin de journée est souvent favorable. Les réunions se terminent, les gens règlent leurs dernières affaires et sont plus disponibles pour une conversation courte.
Un point que les commerciaux sous-estiment : l'heure où vous êtes en forme compte aussi. Si vous passez vos meilleurs créneaux à préparer des listes et que vous appelez quand votre énergie est au plus bas, les chiffres s'en ressentiront. Préparez la veille, appelez aux heures qui comptent.
Selon le métier de votre prospect
C'est là que les écarts sont les plus nets. Quelques profils fréquents en B2B, avec ce qu'on constate en général :
Dirigeants de TPE et PME
Ils sont souvent joignables tôt le matin ou en fin de journée, parfois même un peu après 18h. Dans la journée, ils sont pris par la production, les clients ou les rendez-vous.
Fonctions finance et administration
Les débuts et fins de mois sont chargés avec les clôtures et la paie. Le milieu de mois est souvent plus propice. Dans la journée, le matin fonctionne généralement bien.
Fonctions commerciales
Les directeurs commerciaux et managers de vente sont souvent en rendez-vous ou en déplacement. Le début de matinée et la fin d'après-midi sont les moments où ils sont au bureau ou dans la voiture, téléphone en main.
Métiers terrain (BTP, artisans, industrie)
Ils commencent tôt. Un appel à 7h30 ou 8h peut passer là où un appel à 10h tombera sur un chantier bruyant. La fin de journée est aussi une option.
Métiers de santé et commerces
Médecins, pharmaciens, restaurateurs, commerçants : leurs horaires sont dictés par leur clientèle. Évitez les heures de rush et visez les creux (avant l'ouverture, après le service du midi).
Ces profils sont des points de départ. Le vrai travail consiste à vérifier, segment par segment, ce qui se passe dans vos propres appels.
Ce que dit la réglementation, et ce qu'elle ne dit pas
On entend souvent qu'il est interdit d'appeler avant 10h ou après 20h. C'est vrai, mais pour le démarchage des consommateurs. Le décret de 2022 limite ces appels aux jours de semaine, de 10h à 13h et de 14h à 20h, et, depuis le 11 août 2026, démarcher un particulier exige en plus son consentement préalable (Bloctel n'existe plus).
En B2B, quand vous appelez un professionnel sur sa ligne professionnelle pour lui parler de son activité, ces règles ne s'appliquent pas. Vous pouvez donc appeler un dirigeant à 8h ou à 18h30 sans enfreindre ces textes.
Quelques précautions quand même :
Les indépendants et entrepreneurs individuels utilisent parfois leur numéro personnel pour leur activité. Si le contexte est ambigu, appliquez les horaires consommateurs par prudence.
Le RGPD s'applique aussi en B2B. Les coordonnées d'une personne restent des données personnelles : informez-la, respectez son droit d'opposition et retirez de vos listes ceux qui ne veulent plus être appelés.
Le bon sens commercial ne connaît pas d'exception. Appeler un prospect à 7h un samedi, même si c'est permis, ne donne pas une très bonne image de votre entreprise.
Si vous avez un doute sur un cas précis, faites valider votre pratique par un juriste. Ce paragraphe donne le cadre général, pas un avis juridique.
Appeler sur plusieurs régions ou à l'étranger
Dès que vous prospectez hors de France métropolitaine, raisonnez en heure locale du prospect, pas en heure de votre bureau. Ça paraît évident, et pourtant c'est une erreur fréquente quand on appelle les DOM, la Suisse romande ou le Québec depuis Paris.
Quelques réflexes simples :
Ajoutez un champ fuseau horaire ou pays dans vos listes et segmentez dessus.
Regroupez vos appels par zone : la matinée pour l'Europe, la fin d'après-midi pour l'Amérique du Nord.
Vérifiez les jours fériés locaux, qui ne tombent pas aux mêmes dates qu'en France.
Adaptez aussi les habitudes de pause déjeuner : elle est plus tôt et plus courte dans beaucoup de pays qu'en France.
Le numéro affiché joue encore plus à l'international. Un prospect belge ou suisse répondra plus volontiers à un numéro qu'il identifie qu'à un +33 inconnu. Avec Flunter, vous choisissez le numéro sortant utilisé pour vos appels, ce qui aide à rester cohérent avec la zone que vous appelez.
Tester vos propres créneaux : la méthode
Vous n'avez pas besoin d'un data scientist. Il vous faut de la discipline pendant quelques semaines.
1. Définir vos plages
Découpez la journée en blocs d'une heure ou d'une heure et demie, par exemple 8h à 9h30, 9h30 à 11h, 11h à 12h30, 14h à 15h30, 15h30 à 17h, 17h à 18h30.
2. Répartir les appels
Sur une même liste, appelez à des moments différents chaque jour. L'idée est d'avoir un volume comparable sur chaque plage et chaque jour de la semaine. Si vous n'appelez jamais le vendredi à 17h, vous ne saurez jamais si ça marche.
3. Qualifier chaque appel
Décroché, messagerie, pas de réponse, faux numéro, bonne personne ou non. C'est la partie ingrate, mais sans elle rien n'est exploitable.
4. Lire les résultats
Au bout de trois ou quatre semaines, construisez un tableau simple : jours en colonnes, plages en lignes, et dans chaque case le taux de décroché et le nombre de conversations utiles. Regardez aussi le volume de chaque case. Une case avec vingt appels ne veut pas dire grand-chose.
5. Recommencer par segment
Refaites l'exercice par métier ou par taille d'entreprise. Il est courant de découvrir que deux segments ont des créneaux opposés.
Un outil qui enregistre l'heure et le résultat de chaque appel vous épargne l'essentiel de ce travail. Le reporting d'appels de Flunter remonte ces informations sans ressaisie, et vous n'avez plus qu'à lire le tableau.
Organiser sa semaine de prospection
Une fois vos créneaux identifiés, protégez-les. Ce sont vos heures les plus rentables, elles ne doivent pas être grignotées par des réunions internes ou de l'administratif.
Une organisation qui marche bien chez beaucoup d'équipes :
Des blocs d'appels fixes dans l'agenda, sur vos meilleures plages, bloqués comme des rendez-vous clients.
La préparation en dehors de ces blocs : listes, recherches sur les comptes, messages de relance.
Des sessions courtes et intenses plutôt qu'une journée entière au téléphone. Au-delà d'un certain temps, la qualité des conversations baisse.
Un point hebdomadaire sur les chiffres par créneau, pour ajuster sans attendre la fin du trimestre.
Pour tirer le maximum de ces créneaux, l'outil compte. Un power dialer enchaîne les appels sans temps mort. Un parallel dialer comme celui de Flunter appelle jusqu'à 5 numéros à la fois et ne vous passe que les personnes qui décrochent, ce qui permet de concentrer beaucoup plus de conversations dans une plage courte. Si vous voulez creuser le sujet, notre guide sur le power dialer détaille les bonnes pratiques d'une session d'appels.
Le meilleur moment pour appeler vos prospects, au fond, c'est celui que vos propres données vous montrent. Commencez par les repères de cet article, testez sérieusement pendant un mois, et vous en saurez plus que n'importe quelle étude générique.
Questions fréquentes
Il n'y a pas d'heure qui marche pour tout le monde : le métier du prospect compte plus que l'horloge. Deux plages sont de bons points de départ à tester : 8h à 9h30, quand dirigeants et managers arrivent avant les réunions, et 16h à 18h30, quand les réunions se terminent. Vos propres chiffres restent le seul vrai arbitre.
Le mardi, le mercredi et le jeudi sont en général les journées les plus régulières : les gens sont à leur poste et joignables entre deux rendez-vous. Le lundi matin est souvent chargé, l'après-midi redevient correct. Le vendredi, le matin fonctionne avec certaines cibles, mais l'après-midi beaucoup de décideurs sont déjà partis.
En France, la pause déjeuner compte beaucoup pour de nombreux professionnels. Évitez 12h30 à 13h30, sauf pour des cibles qui déjeunent tôt ou tard. Pour les commerces et les restaurateurs, c'est l'inverse : visez les creux, comme avant l'ouverture ou après le service du midi.
Oui. Les horaires du décret de 2022 (en semaine, 10h-13h et 14h-20h) encadrent le démarchage des consommateurs. Quand vous appelez un professionnel sur sa ligne professionnelle pour son activité, ils ne s'appliquent pas. Pour un indépendant qui utilise son numéro personnel, appliquez les horaires consommateurs par prudence.
Découpez la journée en plages d'une heure à une heure et demie, puis répartissez vos appels pour avoir un volume comparable sur chaque plage et chaque jour. Qualifiez chaque appel (décroché, messagerie, pas de réponse, faux numéro, bonne personne). Au bout de trois ou quatre semaines, un tableau jours × plages avec le taux de décroché et les conversations utiles vous montre vos créneaux. Refaites l'exercice par segment, car deux cibles peuvent avoir des créneaux opposés.
